Pourquoi les moustiques piquent certaines personnes plus que d’autres ?

Pourquoi les moustiques piquent certaines personnes plus que d’autres ?

Vous avez l’impression d’être un véritable aimant à moustiques, alors que d’autres personnes autour de vous sont presque épargnées ? Ce phénomène est réel et parfaitement documenté par la science.

Les moustiques ne choisissent pas leurs victimes au hasard. Ils détectent à distance différents signaux biologiques émis par le corps humain : dioxyde de carbone (CO2), odeur corporelle, chaleur, et marqueurs chimiques de la peau.

Des études récentes montrent que certaines personnes émettent des signaux nettement plus attractifs que d’autres. Résultat : elles sont piquées beaucoup plus fréquemment que la moyenne.

Comment les moustiques détectent-ils les humains ?

Un système sensoriel extrêmement développé

Seules les moustiques femelles piquent, car elles ont besoin de sang pour développer leurs œufs.

Pour localiser un hôte avec précision, elles utilisent un système de détection multi-sensoriel très performant.

Elles détectent à plus ou moins longue distance :

  • les émissions de CO2
  • les odeurs corporelles
  • la chaleur corporelle
  • les signaux visuels

Ces informations sont combinées pour suivre une signature humaine jusqu’à la source.

Pourquoi certaines personnes attirent plus les moustiques ?

Les différences d’attractivité entre individus sont principalement liées à des facteurs biologiques mesurables.

Les acides carboxyliques : facteur majeur d’attractivité

Une étude publiée dans Cell (2022) montre que les personnes les plus piquées produisent davantage d’acides carboxyliques à la surface de la peau.

Ces composés, issus du sébum et de la transpiration, créent une signature olfactive très attractive pour les moustiques. Surtout, cette attractivité reste stable dans le temps : une personne qui attire les moustiques un été les attirera aussi les suivants.

Ainsi, l'acide lactique et l'ammoniaque, composés présents dans la sueur, agissent comme de puissants attractifs. Les personnes qui transpirent beaucoup ou dont la composition bactérienne cutanée est spécifique attirent davantage les moustiques.

Le rôle de la génétique dans les piqûres de moustiques

Une étude sur jumelles publiée dans PLOS One (2015) a montré que les facteurs génétiques expliqueraient près de 67 % de l'attractivité pour les moustiques – un niveau d'héritabilité comparable à celui de la taille ou du QI. Autrement dit, si vous êtes plus piqué que d'autres, vous le devez en grande partie à vos gènes.

Le microbiome cutané et l’odeur de la peau

La peau humaine abrite des milliards de bactéries qui transforment les sécrétions cutanées en composés odorants. Selon leur composition, ces bactéries peuvent augmenter l’attractivité ou au contraire la réduire. Le microbiome joue donc un rôle central dans l’odeur corporelle perçue par les moustiques.

Comment les moustiques localisent une personne ?

Le rôle du dioxyde de carbone (CO2)

Le CO2 est le principal signal utilisé pour détecter un humain à longue distance. Les moustiques sont capables de suivre les variations de CO2 dans l’air expiré et de remonter ce flux jusqu’à sa source. Plus une personne émet de CO2 (activité physique, métabolisme élevé, grossesse), plus elle est facilement repérable.

La chaleur corporelle comme signal de proximité

Une fois proches de leur cible, les moustiques utilisent la chaleur pour affiner leur trajectoire. Les zones du corps plus chaudes deviennent des points de piqûre privilégiés.

L’influence de la couleur des vêtements

Les signaux visuels interviennent dans la phase finale d’approche. Les couleurs sombres augmentent le contraste visuel, absorbent plus de chaleur et facilitent la détection de la cible. C’est pourquoi certaines tenues peuvent augmenter les piqûres.

Le moustique tigre, par exemple, est particulièrement attiré par les couleurs sombres comme le noir, le rouge, le bleu ou le violet. À l'inverse, les teintes claires comme le blanc, le beige ou le jaune l'attirent beaucoup moins.

Ce que la science n’a pas encore prouvé sur les moustiques

Compléments alimentaires et moustiques

L’idée selon laquelle certains compléments modifieraient l’odeur corporelle et réduiraient les piqûres n’a pas été démontrée de manière fiable.

Alimentation et attractivité des moustiques

La consommation de certains aliments (banane, sucre, etc.) est parfois associée aux piqûres, mais les résultats scientifiques restent incohérents.

Facteurs individuels mal établis

Le stress, l’alcool ou certaines sensations personnelles peuvent influencer indirectement le corps, mais ne suffisent pas à expliquer les différences d’attractivité.

Pourquoi vous êtes plus piqué que les autres ? 

Les différences de piqûres s’expliquent principalement par une combinaison de facteurs :

  • génétique
  • microbiome cutané
  • production de CO2
  • signature chimique de la peau

Ces éléments créent une “empreinte olfactive” unique propre à chaque individu.

Conclusion : un mécanisme de détection précis et non aléatoire

Les moustiques utilisent un système de détection extrêmement précis basé sur des signaux biologiques et chimiques.

Certaines personnes sont naturellement plus détectables que d’autres, ce qui explique les différences observées au quotidien.

FAQ – Moustiques et piqûres 

Pourquoi certaines personnes se font plus piquer que d’autres ?

Parce qu’elles émettent plus de signaux attractifs comme le CO2, les odeurs corporelles et certains composés chimiques de la peau.

Le groupe sanguin influence-t-il les piqûres de moustiques ?

Certaines études suggèrent une légère influence (notamment pour les personnes du groupe O), mais elle reste secondaire par rapport aux facteurs chimiques et biologiques.

Les femmes enceintes attirent-elles plus les moustiques ?

Oui, plusieurs travaux indiquent que les femmes enceintes attirent davantage les moustiques, en raison d'une température corporelle plus élevée et d'un dégagement de CO2 accru.

Pourquoi les moustiques piquent-ils certaines personnes et pas d’autres ?

Cela dépend principalement de la génétique, du microbiome cutané et des émissions corporelles.